Lutte contre le Sida : en prélude à la Journée Mondiale, les acteurs de la lutte font le point.

Lutte contre le Sida : en prélude à la Journée Mondiale, les acteurs de la lutte font le point.

En prélude à la célébration de la 30eme Journée Mondiale de Lutte contre le Sida (JMLS) 2018, ITPC en collaboration avec ONUSIDA et le Programme National de Lutte contre le SIDA, a organisé le mardi 27 novembre, un panel d’échanges sur l’implication de la Société Civile dans l’atteinte des objectifs du plan de rattrapage en Côte d’Ivoire.

Pour rappel, afin de marquer la volonté politique mondiale de mettre fin à la pandémie VIH, Dr Brigitte Quenum, directrice Pays de ONUSIDA a défini l’Objectif 90/90/90 pour 2020 : le premier représente les 90 % de personnes touchées par le VIH qui devront connaitre leur statut, le second 90 % ce sont des personnes diagnostiquées comme porteuses du VIH et qui devront avoir reçu un traitement anti rétroviral et enfin le dernier 90 % est pour ceux sous traitement antirétroviral qui devront avoir une charge virale indétectable.

Cette vision a conduit à l’établissement d’un plan de rattrapage pour la région Afrique de l’Ouest et du Centre qui est décliné par la suite par pays. Il s’agissait dont de faire l’état des lieux des réalisations du plan opérationnel pour la Côte d’Ivoire

Dr Jean-Marie Vianny Yaméogo, représentant résidant de l’OMS en Côte d’Ivoire, marque son intervention en précisant que tous les acteurs et les partenaires sont mobilisés à travers plusieurs domaines notamment l’appui technique, le plaidoyer et l’appui financier à travers les contributions diverses.

« Les défis majeurs sont le faible dépistage et la coordination des actions. En tant que partenaire, nous devons avoir le même langage et mettre à la disposition de toutes les populations les outils nécessaires » a-t-il déclaré.

Autre défi, le leadership, car dira-t-il, les partenaires financiers ne remplacent pas le Gouvernement, le représentant de l’OMS a demandé plus de présence et de leadership du Programme National de Lutte contre le sida (PNLS).

Pour terminer, Dr Vianny Yaméogo a exhorté tous les acteurs à changer de paradigme. « On ne peut pas être à 37% en 2019 et espérer avoir 90% en 2020. Il y a assez de ressources financières il suffit de savoir coordonner toutes ces actions. »


Dr Abo Kouamé, Directeur/coordinateur du PNLS a insisté sur les efforts réalisés par le programme et partager l’état global des réalisations et des perspectives du plan de rattrapage.


« En ce qui concerne le plan de rattrapage, il s’agissait de dépister plus de 159.000 personnes et mettre sous traitement plus de 200.000 personnes. De 2017 à 2018 plus de 80 mille personnes dépistées (…) Le bilan nous montre que pour le premier bilan du premier 90, près de 60% des personnes concernées connaissent leur statut sérologique » a-t-il expliqué.

Poursuivant, le Dr Abo Kouamé a souligné qu’il reste encore deux ans pour atteindre les premier 90, mais pour le plan de rattrapage, il reste deux mois. Il y’a donc des efforts à faire pour rattraper le retard.

Intervenant en tant que membre de la société civile, Mr Alain Manouan, Directeur de l’Observatoire Régional Communautaire sur le Traitement en Afrique de l’Ouest a rappelé que le modèle de ITPC est basé sur l’objectif des 90 tout en partageant le mode d’observatoire communautaire sur le traitement VIH comme outil pouvant booster les objectifs du plan de rattrapage.

« La société civile ne demande pas à être des prestataires, mais à avoir à leur disposition des outils permettant de faire le dépistage (…) Les données que nous collectons le sont dans le domaine sanitaire mais aussi au niveau communautaire pour comprendre entre autres pourquoi un certain nombre de personne n’a pas accès au traitement. Pour rendre disponible le test a toute la population ivoirienne, il faut changer l’approche en décentralisant et en permettant aux structures communautaires de pouvoir faire le dépistage » a-t-il insisté.

Pr Eboi Ehui, du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Treichville a fait le point sur l’accès au traitement, notamment en parlant du DTG en Côte d’Ivoire et son impact futur dans la réponse au VIH.

Quant au Dr Djénéba Ouattara, présidente CCM Côte d’Ivoire, elle a appelé à une synergie des actions qui doit reposer sur des principes essentiels : La responsabilité engagée et la bonne gouvernance. Elle a par ailleurs montré l’importance de la coordination qui intervient à plusieurs niveaux, afin de rendre efficace ses activités.

« Il faut une complémentarité des activités, la prise de responsabilité et le fonctionnement de tous les acteurs qui va permettre au pays d’atteindre ses objectifs » appelant à la mise en place d’une plateforme de communication entre les partenaires.

Un long chemin reste à parcourir pour mettre fin au sida a dit la Directrice pays de ONUSIDA, mais avec tous les progrès réalisés ensemble, a-t-elle ajouté, personne ne devrait être nouvellement infecté par le VIH et plus personne ne devrait mourir du sida.

Dans le monde, un tiers des 37 millions de personnes qui vivent avec le VIH ne connaissent pas leur statut sérologique, note-t-on.